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Côte d’Ivoire : 2 EME place en terme de croissance économique mondiale

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Contribution. Sur la période septennale 2012-2018, la Côte d’Ivoire a réalisé la plus forte croissance au monde dans la catégorie des pays ayant un PIB par habitant supérieur ou égal à 1 000 dollars. Plus impressionnant encore, elle se classe deuxième toutes catégories confondues, pays très pauvres inclus. Un pays réformateur et en chantier, et qui peut devenir, à terme, la première puissance économique du continent.

Avec une croissance annuelle de 8,6 % en moyenne, selon les données de la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire a enregistré la plus forte croissance au monde dans la catégorie des pays ayant un PIB par habitant supérieur ou égal à 1 000 dollars, sur la période de sept années allant de 2012 à 2018, soit une période suffisamment longue afin de pouvoir établir des comparaisons internationales. Plus impressionnant encore, le pays arrive en deuxième position toutes catégories confondues, pays très pauvres inclus, faisant ainsi mieux que 30 des 31 pays au monde qui avaient un PIB par habitant inférieur à 1 000 dollars début 2012.

La Côte d’Ivoire n’est alors dépassée que par l’Éthiopie, quai a connu une croissance annuelle de 9,4 % en moyenne (et de 7,7 % en 2018, soit légèrement plus que la Côte d’Ivoire, 7,4 %). Une performance qui résulte essentiellement du très faible niveau de développement de ce pays d’Afrique de l’Est, qui était le deuxième pays le plus pauvre au monde début 2012 et qui demeure un des plus pauvres avec un PIB par habitant de seulement 770 dollars environ, fin 2017 (contre 1 540 pour la Côte d’Ivoire, soit exactement le double, selon les derniers chiffres disponibles auprès de la Banque mondiale).

Toutes catégories confondues de pays souverains, et hors pays en guerre ou « microscopiques », qui affichent parfois des évolutions extravagantes de leur PIB dans un sens ou dans l’autre (en l’occurrence la Libye, d’une part, et Nauru, d’autre part, État insulaire du Pacifique sud ne comptant que 11 000 habitants et pour un territoire de seulement 21 km2), la Côte d’Ivoire et l’Éthiopie sont suivies par le Turkménistan (8,1 % en moyenne par année), l’Irlande (7,4 %, qui s’est remise de la quasi-faillite qu’elle avait connue il y a une dizaine d’années) et la Laos (7,3 %).

Cette bonne performance a ainsi permis à la Côte d’ivoire de faire un bond spectaculaire de huit places en seulement six années dans le classement des pays en fonction de leur richesse par habitant (et probablement un petit peu plus encore en tenant compte de l’année 2018), et ce, malgré une importante croissance démographique. Fin 2017, elle devançait 41 pays dans le monde, dont non moins de 10 situés en dehors du continent africain (comme l’Ouzbékistan, une des anciennes républiques de l’Union soviétique, en Asie centrale, et un des derniers à avoir été dépassé).

Un pays réformateur et en chantier

Ces résultats exceptionnels de la Côte d’Ivoire s’expliquent par les profondes réformes réalisées par le pays afin d’améliorer le climat des affaires, ainsi que par une politique de développement tous azimuts et se matérialisant notamment par d’innombrables chantiers à travers l’ensemble du pays. De nombreuses mesures ont en effet été prises afin de faciliter et de sécuriser les investissements, en vue d’instaurer un environnement favorable à ces derniers : mise en place d’un nouveau code des investissements en 2012, d’un guichet unique de création d’entreprises, d’une plateforme d’échanges pour centraliser les appuis des partenaires au développement de l’environnement des affaires… Le tout, en veillant au maintien d’une faible pression fiscale, de l’ordre de 18 % du PIB au total pour l’année 2017 (cotisations de sécurité sociale incluses).

L’ensemble de ces mesures a ainsi permis à la Côte d’Ivoire de faire un bond considérable dans le classement international Doing business, publié chaque année par la Banque mondiale et relatif au climat des affaires, en passant de la 167e place en 2012 à la 122e pour l’année 2019. Dans ce classement, elle fait donc désormais largement mieux que des pays comme le Nigeria (146e) et l’Angola (troisième économie d’Afrique subsaharienne du fait de son importante production pétrolière, comme le Nigeria, et qui occupe la 173e position). Par ailleurs, le pays fait également bien mieux que l’Éthiopie, passée de la 111e à la 159e place sur la même période. Ce pays, où les répressions policières et les tensions interethniques ont fait plusieurs centaines de morts ces quelques dernières années, est d’ailleurs l’un des pays qui connaissent les plus fortes tensions sociales sur le continent, avec l’Afrique du Sud (où l’on compte plus de 15 000 homicides par an).

Mais cette importante progression de la Côte d’Ivoire s’accompagne également d’une impressionnante maîtrise de l’inflation (comme dans l’ensemble de l’espace UEMOA), qui s’est située à seulement 1,2 % en moyenne annuelle sur la période de six années allant de 2012 à 2017, selon les dernières données pays par pays de la Banque mondiale. Un taux particulièrement bas, notamment en comparaison avec certains pays proches comme le Ghana et Nigeria, dont les populations ont grandement souffert d’une inflation qui s’est établie à 13,5 % et à 11,6 % par an, en moyenne et respectivement, et ce malgré une croissance largement inférieure à celle de la Côte d’Ivoire. Ces deux pays souffrent d’ailleurs également d’une importante dollarisation de leur économie, la monnaie nationale étant souvent substituée par le dollar dans les échanges économiques quotidiens. Enfin, la Côte d’Ivoire n’oublie pas d’investir massivement dans l’éducation et la formation, qui ont pesé pour environ 27 % du budget national en 2017 (un des taux les plus élevés du continent). Cependant, il convient de rappeler que la maîtrise de l’inflation et la formation, deux éléments ayant une incidence certaine sur l’environnement des affaires, ne sont pas pris en compte par l’enquête annuelleDoing business de la Banque mondiale. Ce qui constitue une lacune fort regrettable.

Cet environnement particulièrement favorable aux investissements que connait aujourd’hui la Côte d’Ivoire s’accompagne d’une politique ambitieuse de développement et de grands chantiers, dans tous les domaines : routes, ponts, centrales électriques, hôpitaux, réseaux de télécommunications, industries de base… et ce, sans oublier l’agriculture qui continue à se développer, le pays étant même devenu récemment le premier producteur mondial de noix de cajou (en plus d’être déjà le premier producteur de cacao). Des noix de cajou qui sont d’ailleurs partiellement transformées par des machines de fabrication ivoirienne, grâce à une entreprise locale qui la seule du type en Afrique subsaharienne. Pour leur part, les secteurs de la technologie et de l’informatique se développent eux-aussi assez rapidement, notamment avec la multiplication des jeunes pousses (ou start-up), ou encore avec la construction d’une usine d’assemblage d’ordinateurs qui contribue à la réalisation d’un projet national baptisé « un citoyen, un ordinateur ». Une fabrication locale qui constitue une avancée rare sur le continent.

Par ailleurs, la Côte d’Ivoire commence enfin à s’intéresser au développement du secteur touristique, encore embryonnaire. Une situation totalement anormale pour un pays qui ne manque pas d’atouts en la matière, et que le monde doit enfin connaître et découvrir. À titre d’exemple, la quasi-intégralité de la population française (et donc également des autres populations occidentales) ignore tout la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, qui n’est autre que le plus grand édifice chrétien au monde, et quasi-réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome. Une situation absurde qui résulte de la longue négligence dont a souffert le secteur du tourisme, contrairement à ce que l’on observe dans des pays comme le Kenya ou l’Afrique du Sud, ou encore la Tunisie et le Marc, qui investissent depuis longtemps dans ce domaine qui contribue de manière importante à leur développement.

Ces différents éléments font que la Côte d’Ivoire devrait continuer à connaître une croissance robuste dans les quelques prochaines années au moins, de l’ordre de 7 % par an selon la Banque mondiale. Le pays fait d’ailleurs partie de l’espace UEMOA, qui n’est autre que la plus vaste zone de forte croissance du continent, avec une hausse annuelle du PIB de 6,3 % en moyenne sur la période septennale 2012-2018 (et de 6,4% en 2018). Un espace faisant lui-même partie de l’Afrique subsaharienne francophone, qui constitue globalement la zone la plus dynamique – et historiquement la plus stable – du continent, dont elle a enregistré en 2018 les meilleures performances économiques pour la cinquième année consécutive et pour la sixième fois en sept ans. Sur la période 2012-2018, la croissance annuelle de cet ensemble de 22 pays s’est ainsi établie à 4,2% en moyenne (4,9% hors cas très particulier de la Guinée équatoriale), contre 2,9% pour le reste de l’Afrique subsaharienne (et à 3,9% en 2018 – 4,6% hors Guinée équatoriale, contre 2,2%).

Un dynamisme par ailleurs soutenu par une assez bonne maîtrise de la dette publique, les pays francophones ne représentant d’ailleurs que deux des dix pays les plus endettés d’Afrique subsaharienne (le Congo, 4e, et le Togo, 10e, selon le FMI. Le Congo étant même le seul parmi les dix plus endettés du continent, en tenant compte de l’Égypte, en Afrique du Nord). Pour la Côte d’Ivoire, cette dette s’est établie à près de 49% du PIB fin 2018, soit un niveau largement inferieur à celui de la grande majorité des pays développés, par exemple. Enfin, il est à noter que l’émergence économique et démographique de l’Afrique francophone (Maghreb inclus, où le Maroc vient notamment d’inaugurer le premier train à grande vitesse du continent, un TGV français en l’occurrence), contribue en bonne partie à la hausse constante du nombre d’apprenants de la langue française à travers le monde. Et ce, en particulier en Afrique subsaharienne non francophone, où ce nombre a augmenté d’environ 126 % entre les rentrées scolaires 2013 et 2017, selon le dernier rapport sur « La langue française dans le monde » publié fin 2018 par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Sur le continent, le français est désormais une matière obligatoire dans tous les pays non francophones d’Afrique de l’Ouest, au moins à partir de l’enseignement secondaire, et son apprentissage est maintenant accessible dans la quasi-totalité des autres pays non francophones du continent (tout en y étant obligatoire dans de nombreux établissements privés).

Un potentiel de première puissance économique du continent

Après avoir connu une croissance annuelle de 8,6 % en moyenne sur la période septennale 2012-2018, la Côte d’Ivoire devrait donc continuer à enregistrer une forte croissance dans les quelques années à venir, au moins, de l’ordre de 7% par an. Dans le même temps, des pays comme le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Angola ont connu une progression annuelle de 2,8 %, de 1,4 % et de 2,2 %, seulement et respectivement, et devraient encore afficher une croissance assez faible dans les quelques prochaines années.

Si la tendance se poursuit, la Côte d’Ivoire, qui ne manque pas d’atouts (situation géographique et climat favorables, entre autres), peut donc très bien devenir, sur le long terme, la première puissance économique d’Afrique, et ce, même sans en être le pays le plus peuplé. À titre d’exemple, un pays comme Taïwan et ses 23 millions d’habitants, soit à peu près autant que la Côte d’Ivoire, avait fin 2017 un PIB 52 % supérieur à celui du Nigeria, première économie du continent, dont il est également la première puissance démographique.

Peuplée de 25 millions d’habitants, et du double d’ici 2050, la Côte d’Ivoire peut donc très bien devenir, elle aussi, la première puissance économique du continent (tout en ayant dépassé auparavant un certain nombre de pays développés). Occasion de rappeler, au passage, que la Côte d’Ivoire est un pays bien plus grand qu’on ne le pense, puisqu’elle est, par exemple, légèrement plus étendue que l’Italie et un tiers plus vaste que le Royaume-Uni, et non deux ou trois plus petite comme l’indique la majorité des cartes géographiques en circulation (y compris en Afrique). Des cartes qui dressent généralement une représentation terriblement déformée des continents en réduisant considérablement la taille des pays du Sud, dont ceux du contient africain.

Tout dépendra alors de la capacité des Ivoiriens à faire émerger une société organisée, disciplinée et innovante. Mais afin d’y parvenir, les Ivoiriens doivent travailler tous ensemble, main dans la main, en mettant de côté leurs différences ainsi que les désaccords qu’ils ont pu avoir dans le passé, afin de ne regarder que vers l’avenir. Condition sine qua non pour pouvoir avancer, comme pour tout autre pays dans le monde. De même, les Ivoiriens doivent également faire preuve de patience et ne pas se précipiter à réclamer les fruits de la forte croissance économique du pays. Comme plus tôt pour les sociétés actuellement avancées, le développement d’un pays est en effet un processus long qui ne commence à avoir un impact significatif sur le niveau de vie de la population qu’au bout de plusieurs années. Le non-respect de ces deux conditions fondamentales serait de nature à mettre gravement en péril la poursuite du décollage du pays, en risquant de « casser une machine qui marche », ou de briser le moteur d’un pays qui est la véritable Ferrari du continent africain. 

Source : Afrimag

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